PONGO

Luanda. Fin des années 90. Les Angolais tentent d’oublier, comme ils peuvent, la guerre civile qui ravage leur pays.

Ce dimanche, dans le quartier de la Cuca, un concours de danse est organisé. Une petite fille regarde le spectacle, fascinée.
Elle s’appelle Pongo, elle a 8 ans. Sous les cris de la foule, un homme enchaîne fiévreusement les pas de Semba et de Kizomba. C’est son père. Cette image ne la quittera plus jamais.

De son Afrique natale, elle mettra le chaos de côté, pour garder au fond d’elle les parfums, les couleurs et les jeux à n’en plus finir avec ses sœurs. Mais surtout les sons, les vibrations et les musiques omniprésentes, ces bulles joyeuses qui ont rythmé son enfance, elle qui a dansé bien avant de
savoir marcher.

La violence, la peur auront finalement raison de l’innocence. L’exil est inévitable pour
elle et sa famille.

Mais également le déracinement, la différence, la cruauté des autres enfants. Elle se tait et observe.
La musique revient et lui redonne espoir. À l’église d’abord, où elle chante avec beaucoup de plaisir.

Puis adolescente, sur le chemin quotidien de l’école. Des garçons traînent près de la Station de Queluz,     Ils chantent, dansent, cherchant à attirer le regard des filles. Ils ont un groupe : Les « Denon Squad ». Evidemment, naturellement, les rejoint. D’abord comme danseuse, puis derrière le micro dans ses premiers concerts de quartier.

Aujourd’hui, la gamine de la Cuca, a 24 ans. Diva d’un Kuduro métissé et progressif, elle écrit et interprète
ses propres morceaux.
Pongo y incarne le renouveau du genre, mélangeant l’influence de ses racines africaines, langa, zaïco, avec
EDM, bass music, dancehall et tribal pop.

Sa voix, puissante, rythmique, mais également fragile et sensible, nous entraîne dans son univers envoûtant, aux confins de la danse et du saudade. Là où personne ne nous avait emmené auparavant.

Pour son EP, elle a fait appel à Raphaël d’Hervez (Pégase, Minitel Rose) et Florent Livet (Bloc Party, Cassius, Phoenix).

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“Tambulaya”